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La relation entre l'utilisation croissante des technologies médicales et l'augmentation des coûts de santé

Si les impacts des technologies médicales sur la santé générale des individus ont été clairement démontrés, ceux des technologies médicales sur les coûts de la santé semblent encore très discutés. Les avis sont très partagés sur ce sujet d’autant plus que pour certains auteurs, l’utilisation des technologies médicales augmentent les coûts de la santé, tandis que pour d’autres, ces technologies contribuent à réduire les frais de santé. Par ailleurs, d’autres auteurs allèguent qu’il n’y a pas de preuves suffisantes du rôle des progrès technologiques sur les coûts élevés de la santé, et que par conséquent, ces technologies n’ont aucun effet sur l’accroissement des soins de santé.

Suite à nos lectures, nous pouvons tirer deux grandes conclusions. La première est que l’utilisation des technologies médicales peut aider les gouvernements à sauver d’énormes coûts, ce qui permettrait de réduire les frais de santé. La deuxième conclusion est que le coût d’acquisition de ces technologies et le fait que celles-ci contribuent à l’amélioration de la qualité de vie des patients sont assez pertinents pour expliquer leur effet sur l’accroissement des frais de santé.

Les nouvelles technologies médicales contribuent à baisser les coûts des soins de santé

Si l’on adopte la première conclusion, on se rend en effet compte que plusieurs appareils de diagnostiques dont les appareils d’imagerie « permettent de réduire la morbidité, de collecter une information plus riche, et surtout de réduire les coûts grâce à une production d’images plus rapide et de meilleure qualité »[1]. Il est alors évident que les technologies réduisent de façon importante les dépenses de santé. Tel que mentionné dans le rapport de l’OCDE, l’impact des technologies médicales sur la baisse des coûts de santé peut être réparti en quatre grandes catégories.

Premièrement, le fait d’identifier une maladie très tôt peut prévenir son apparition ou retarder son évolution. Ces avancées, susceptibles en ce qui a trait au retardement ou à la prévention des maladies graves, pourraient réduire l’utilisation des soins de santé et diminuer ainsi les coûts de traitement.

Deuxièmement, l’utilisation des technologies médicales, surtout des appareils de radiologie permet d’obtenir un diagnostic plus précis et donc de prendre des mesures thérapeutiques assez rapidement. Le patient n’est donc plus obligé de passer des journées entières à l’hôpital, ni du temps d’attente en salle d’opération, ce qui réduit les frais d’hospitalisation, le temps d’attente des autres patients et augmente la capacité du personnel à traiter plus de patients.

Troisièmement, même si toutes les technologies ne permettent pas de réduire la morbidité, elles améliorent tout de même la qualité de vie et la capacité fonctionnelle des individus. Nous pensons notamment aux appareils orthopédiques qui, par le fait qu’ils permettent aux patients de conserver leur mobilité et leur autonomie, peuvent entrainer une utilisation moins fréquente d’autres services de soins.

Quatrièmement, les nouvelles technologies permettent de traiter les patients en éliminant la douleur. Sur ce plan ils sont plus efficaces que certains procédés et mêmes certains médicaments qu’ils remplacent, puisqu’ils sont considérablement mieux tolérés. Les patients sont donc plus désireux de poursuivre leur thérapie, ce qui réduit énormément la durée du traitement les probabilités de récidives.

Une autre façon d’analyser l’impact des technologies sur la baisse des coûts des services sociaux serait de regarder comment ces technologies contribuent à réduire le personnel médical. À cet effet, Roger Jacob, ingénieur et coordonnateur de l'immobilisation et des équipements médicaux de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, explique qu’il y a 15 ans, « les salaires représentaient de 80 à 85% du budget des hôpitaux universitaires, comparativement à entre 65 et 70% aujourd’hui ». [2]. Selon M. Jacob, ces technologies bien que coûteuses, viennent remplacer le personnel soignant, ce qui contribue à réduire drastiquement les dépenses de salaires.

Les économies réalisées malgré les investissements importants sont donc réelles.
Références
[1]http://proxy2.hec.ca:2560/vl=1379824/cl=21/nw=1/rpsv/cgi-bin/fulltextew.pl?prpsv=/ij/oecdthemes/99980339/v2005n16/s1/p1l.idx
[2] http://www.ledevoir.com/2008/07/05/196525.html

L'utilisation des technologies médicales augmentent les coûts des soins de santé

Selon le même rapport de l’OCDE que nous avons cité plus haut, les technologies médicales contribuent au prolongement de la vie humaine et à la diminution de la douleur, du risque pathologique et de l’invalidité. Parallèlement, ces technologies sont un facteur important de dépenses et leur mode de diffusion montre que celles qui sont efficaces et efficientes ne sont pas toujours adoptées le plus rapidement. Cela s’explique par le fait que l’implantation de ces technologies dans les systèmes de santé est une tâche complexe et dispendieuse. Ainsi, le même rapport conclue que le progrès technologique dans les pays de l’OCDE est positivement corrélé aux résultats sur le plan de la santé et à la qualité de vie des patients.

Les changements technologiques peuvent à la fois réduire le coût par patient, améliorer la qualité et diminuer le risque pour les patients, ce qui accroît le nombre de patients (en termes d’utilisation et de demande pour ces technologies là). De ce fait, les avancées technologiques augmentent certes l’efficacité, pourtant, elles « ne s’accompagnent pas nécessairement d’économies pour les budgets de santé ou sur la société »[1]. En effet, pour valoriser et vulgariser les technologies médicales, il faut déployer des efforts monstres.

Nous remarquons donc que le rôle de la technologie médicale est considéré comme déterminant dans les coûts de la santé. D’ailleurs, il ressort des études menées par Aaron (1991), Jones (2002) et Newhouse (1992) que jusqu’à 50 % de l’accroissement des dépenses de santé totales peuvent être attribuée au progrès technologique.

Cette discussion fait ressortir plusieurs thèmes. Tout d’abord, lors de leur introduction dans les pratiques médicales, les nouvelles technologies sont souvent assez mal connues. L’apprentissage en aval suscite de nombreuses améliorations, qui peuvent à leur tour entraîner des modifications de la technologie elle-même ou de ses applications. Le principal problème est que l’implantation de ces technologies se fait plus rapidement que la formation des technologues. Par conséquents, plusieurs ordres professionnels dont l’Ordre des technologues en radiologie du Québec (OTRQ) sont obligés de lancer des cris d’alarme, car le nombre de traitements en radiologie ne cesse d’augmenter à cause du vieillissement de la population, tandis que le personnel se fait de plus en plus rare. Cela engendre donc des coûts énormes surtout pour les médecins qui sont très souvent obligés de reporter leur diagnostic, car ce dernier dépend fortement des analyses des technologues. Les patients doivent donc attendre plusieurs jours avant de subir des exams.

Par ailleurs, vu le haut niveau d’expertise que requiert l’utilisation de ces machines et la pénurie de technologues surtout au Québec, d’importantes sommes doivent être déboursées pour assurer la bonne formation du personnel soignant. Quand bien même des technologues sont disponibles, les salaires de ceux-ci doivent tenir compte de leur haute qualification sans ignorer les heures supplémentaires qu’ils doivent souvent faire. Et M. Jacob de renchérir que le rythme d’implantation des nouvelles technologies a un effet considérable sur le personnel. Si tantôt il affirmait que ces technologies réduisent la demande de personnel, il n’en demeure pas moins qu’elles exigent une grande adaptation pour le personnel restant. «Par exemple, il existe plus de 5000 catégories d'instruments technologiques, de toute nature, sur le marché. Si on ajoute à cela le nombre de modèles, on se retrouve avec plus de 50 000 articles pouvant être utilisés dans un hôpital. Ces innovations ont un impact sur la qualification de base de la main-d’œuvre et sur les besoins de formation continue.»[2]
Références
[1]http://proxy2.hec.ca:2560/vl=1379824/cl=21/nw=1/rpsv/cgi-bin/fulltextew.pl?prpsv=/ij/oecdthemes/99980339/v2005n16/s1/p1l.idx
[2] http://www.ledevoir.com/2008/07/05/196525.html